La compagnie : Il nous est apparu très vite lors de notre rencontre à l’INSAS que nous étions habitées par les mêmes questionnements et les mêmes besoins de fiction. Nous avons toutes deux le goût du tragique, celui de la puissance des mythes et la passion d’univers visuels forts. Avec Helen Zaas, nous développons notre univers baroque, peuplé d’iconographies de guerrières échevelées, de tragédiennes exubérantes, de rondes de personnages féminins outrancières.
Le projet : Ce projet prend pour point de départ le constat que le fascisme est une forme aboutie du patriarcat chrétien et que nous avons besoin de cultiver de nouvelles utopies, de nous réapproprier notre héritage religieux et de nous défaire de nos fascismes intérieurs. Nous voulons, avec ce projet, mener une recherche pour «défaire la religion», chercher d’autres manières, plurielles, de nommer nos rapports aux invisibles, nos rites et nos pratiques, réinterpréter la tradition, avec et contre elle, raconter des histoires qui ne parlent pas de croyances ni de dogmes mais des histoires libératrices qui racontent la sensation d’une communauté qui résiste par son histoire et ses chants. Raconter un nouveau monde sous le prisme de nouvelles béguines.
Nous voulons nous concentrer à faire dialoguer deux disciplines : le théâtre et la musique, qui elle, crée une dramaturgie centrale. Cela nous permet d’inventer un langage particulier à notre projet : celui ci prend place autour d’une station pirate de radio. Nous voulons créer un thriller en invoquant des figures dans un huit-clos et entrer dans la fiction à travers une dramaturgie du « faux témoignage » et jouer sur des notions de vérité et de persuasion.